Le « style jardin anglais », qui fait la part belle à une nature plus sauvage, moins nette et domestiquée que celle du jardin à la française, parle beaucoup à Fleurs d’Ici. En septembre 2022, au moment de la disparition d’Elizabeth II, l’occasion était belle de rendre hommage à cette terre d’amateurs de jardins et de fleurs.
Les pionniers du Slow Flower européen
C’est cet amour d’une nature authentique qui a conduit les Britanniques à devenir, après les Américains, les pionniers de la sauvegarde du patrimoine horticole local. La première association européenne réunissant horticulteurs et fleuristes locaux, le British Flower Collective, est née en Grande-Bretagne. Aujourd’hui porté par l’association Flowers from the Farm, le Slow Flower britannique a relancé la filière nationale grâce à un intense travail de sensibilisation, au point que le chiffre d’affaires des producteurs a progressé de 50 % en trois ans. Un modèle pour les défenseurs de la fleur locale, à commencer par la France.
Sa Majesté botaniste

Garante des traditions, Elizabeth II était une passionnée d’horticulture. Elle n’aurait manqué pour rien au monde le Chelsea Flower Show, le plus célèbre salon du jardin au monde, organisé chaque mois de mai par la Royal Horticultural Society, dont elle était la marraine. Parmi ses fleurs préférées : le muguet, présent dans son bouquet de couronnement, et la rose. En 1954, connaissant son goût pour les tons roses, l’obtenteur américain Walter Lammerts créa en son honneur la rose « Queen Elizabeth », plébiscitée dans le monde entier. À sa mort, les Britanniques ont couvert les grilles de Buckingham de bouquets, au point de dévaliser les fleuristes londoniens.


« Color block », ça vous parle ?
Pour être repérée même au milieu d’une foule compacte, Elizabeth II avait adopté un style bien à elle, baptisé « color block » : jaune canari, vert émeraude, rose fuchsia, bleu pastel ou lavande. Ses tenues monochromes ont fait couler beaucoup d’encre : ce bleu, un signe d’attachement à l’Union européenne ? Ce vert, un hommage à l’Irlande ? Une manière discrète de faire passer des messages, tout en restant fidèle au devoir de réserve d’une reine qui se doit de représenter tous ses sujets.

L’homme qui murmurait à l’oreille des plantes
Charles III pourrait bien être qualifié de « roi jardinier ». Amoureux de la nature, il a confié aimer parler aux plantes de son jardin, et n’hésite pas à mettre les mains dans la terre. Il s’est toujours distingué par son engagement pour l’environnement : un candidat de choix pour défendre à l’international les fleurs locales et de saison.
Article tiré de la newsletter Fleurs d’Ici de septembre 2022.
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