Fleurs d'Ici

Histoires de fleurs · Hiver

Les fleurs d’hiver, c’est sexy

Pour la Saint-Valentin comme pour tous les jours de l’hiver, il existe mieux que la rose rouge importée : la profusion des fleurs de saison, qui ne poussent qu’ici et maintenant.

Un bouquet de fleurs d'hiver aux tons jaunes, roses et rouges tenu devant l'Hôtel de Ville de Paris
Le bouquet Polyamour, Saint-Valentin 2024

Pas besoin d’un jour particulier pour offrir des fleurs à ceux que l’on aime. Mais si l’envie vous prend de faire un geste pour le 14 février, c’est plus que jamais le moment de se laisser séduire par la fleur locale et de saison. On se doute que l’élu·e de votre cœur a moyennement envie de recevoir, en gage d’amour, le CO2 excédentaire et les pesticides interdits dans l’Union européenne que charrient les roses rouges importées du bout du monde.

L’amour, un bouquet de douze fleurs

Le psychiatre et psychanalyste Juan-David Nasio a une théorie de l’amour qui nous plaît bien. Il ne le voit pas comme un sentiment uniforme, mais le compare à un bouquet de douze fleurs : une pour chacun des élans qui, ensemble, composent le sentiment amoureux, du désir à l’admiration en passant par la confiance.

C’est l’idée du bouquet Polyamour, imaginé par Fleurs d’Ici pour la Saint-Valentin 2024 : douze variétés de fleurs d’hiver différentes, parmi lesquelles les renoncules, les œillets de poète, les pavots, les anémones, les immortelles ou les giroflées. Assemblées selon ce qui pousse près de chez vous et le savoir-faire de l’artisan fleuriste, elles font de chaque bouquet une pièce unique.

Un bouquet de fleurs d'hiver dans un vase blanc sur un balcon face à l'Hôtel de Ville de Paris
Renoncules, anémones, narcisses : la palette de l’hiver. Photo : Fleurs d’Ici
Tableau de Renoir : un vase d'anémones rouges, roses et blanches
Pierre-Auguste Renoir, Anémones, vers 1907, Barnes Foundation, Philadelphie

Rien à voir, surtout, avec les bouquets des soap operas américains, qui ont fini par nous faire croire qu’il était obligatoire d’offrir à la Saint-Valentin des roses rouges parsemées de gypsophile et une boîte de chocolats en forme de cœur. Ces « traditions » sont, à l’image des roses produites en masse au bout du monde, une invention commerciale importée. Un bouquet qui ne peut être produit qu’ici et maintenant surprendra bien davantage, et confirmera ce que l’on sait depuis un moment : les fleurs d’hiver, c’est sexy.

Plus qu’hier et moins que demain : soutenir la production française

Planche botanique de renoncules rouges et orangées
Renoncules, Favourite Flowers of Garden and Greenhouse, 1896
Planche botanique d'une giroflée jaune
Giroflée, planche d’Edward Step, 1895

Cultivées le plus souvent sous serre avec un bilan d’irrigation catastrophique, par des ouvrières agricoles mal payées et exposées chaque jour à des pesticides interdits en Europe, transportées à grand renfort de CO2 via les grands centres de redistribution, les fleurs importées sont un véritable tue-l’amour. On ne le redira jamais assez : un bouquet de 25 roses rouges importées équivaut, en CO2, à un Paris-Londres en avion.

Jusqu’à récemment, neuf fleurs sur dix vendues en France étaient importées dans ces conditions, précipitant la filière horticole française dans une crise comparable à celle que traverse le monde agricole. Depuis quelques années pourtant, la fleur française reprend des couleurs. Grâce au mouvement américain du Slow Flower, prolongé en France aux côtés du Collectif de la Fleur Française, un public toujours plus large s’intéresse à la provenance des fleurs, à leurs conditions de production et à leur saisonnalité.

Grâce à cette demande, une ferme florale voit le jour chaque semaine en France. Offrir des fleurs d’hiver produites localement, c’est pérenniser cette dynamique, redonner ses lettres de noblesse à l’art horticole et donner de l’amour non seulement à votre aimé·e, mais aussi aux horticultrices et horticulteurs français.

Article tiré de la newsletter Fleurs d’Ici de février 2024.

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