La couronne de l’Avent incarne tout ce que l’on aime dans les fêtes de fin d’année : l’esprit d’accueil, puisqu’elle signale que la porte est ouverte, et le renouveau des traditions florales et artisanales. Elle rappelle que Noël n’est pas qu’une fête religieuse ou commerciale, mais une trêve au cœur de l’hiver, pour ralentir, passer du temps ensemble et apprécier ce qui est beau.
Un peu d’histoire
À l’origine, les couronnes étaient tressées pour les fêtes romaines, germaniques ou scandinaves du solstice d’hiver, autour du 21 décembre, qui célébraient la renaissance du soleil : il cessait alors de décliner et les journées recommençaient à s’allonger. Ce n’est qu’au IVe siècle que l’Église fixa au 25 décembre la naissance du Christ, reprenant à son compte la fête populaire du solstice.
La forme de roue est un symbole ancien du cycle du soleil, du renouvellement et de l’éternité. Les premières couronnes de l’Avent remonteraient au XVIe siècle : faites de branchages verts, symboles de vie et d’espoir, elles sont parfois ornées de quatre bougies, une pour chaque dimanche avant Noël.
Le chardon, fleur d’Écosse

Il est bleu ou violet, il résiste à tout, il pique fort mais il est tellement beau : c’est le chardon, emblème national de l’Écosse. La légende raconte qu’au XIIIe siècle, le roi norvégien Haakon prépara une attaque surprise contre les Écossais. Pour être plus discrets, ses soldats se déchaussèrent avant d’attaquer de nuit le campement de Largs. Mais même un Viking souffre quand il marche sur un chardon : le cri de douleur du premier soldat réveilla les Écossais, qui repoussèrent l’envahisseur.
Revêche, piquant, increvable, le chardon pousse presque spontanément, contre vents et marées. Pas étonnant que les Écossais, qui n’ont officiellement pas d’hymne national, en aient fait leur Flower of Scotland, du titre du chant entonné avant chaque match.
Le houx et la Sainte-Lucie
En Suède, Noël est une superproduction collective qui commence dès début décembre : chandeliers de l’Avent à toutes les fenêtres, et surtout la Sainte-Lucie, le 13 décembre. Dans les écoles, des processions de jeunes filles en aubes blanches et couronnes de houx sont menées par l’une d’elles, couronnée de bougies, au son de Santa Lucia. Ces chandelles (lux, la lumière) rappellent l’esprit de la fête des Lumières lyonnaise : faire briller la lumière au cœur du mois le plus sombre, et voir l’hiver non comme un temps mort, mais comme un temps de repos et de recueillement.

Plante hivernale et résistante, aux feuilles vertes et aux baies rouges, le houx a une particularité : il ne se cultive pas, il se glane, sur autorisation de l’Office national des forêts.


L’immortelle, soleil de Noël

Tout autour de la Méditerranée, en Corse, en Italie et en Espagne, pousse une fleur quasi miraculeuse : l’immortelle. Elle conserve sa couleur même séchée, d’où son nom. Elle connaît un regain d’intérêt en cosmétique pour ses propriétés médicinales, et notamment son pouvoir de cicatrisation : on dit d’elle qu’elle est un recours « pour les plaies qui ne guérissent pas ». Fleur de maquis, elle ensoleille le cœur de l’hiver.
Les feuillagistes, lutins de Noël
Un feuillagiste est un spécialiste des feuillages, qu’il glane souvent dans la nature ou chez des particuliers : un bouquet équilibré fait la place aux feuillages, qui varient eux aussi avec les saisons, du houx et du sapin des fêtes au noisetier du printemps et à l’érable roussi de l’automne.
Les couronnes Fleurs d’Ici ont beau porter des noms exotiques, elles restent aussi locales que possible. Le houx a été récolté en Corrèze par Gérard, avant que les grands froids ne poussent les merles à en manger toutes les baies. Ancien feuillagiste à Rungis revenu dans sa Corrèze natale, il glane encore pour Stéphanie, elle-même feuillagiste à Rungis, qui récolte les chardons bleus dans le jardin de son père, à Savigny-sur-Orge.

Article tiré des newsletters Fleurs d’Ici de novembre 2021 et de novembre 2023.
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